La concierge

Publié le par Laurent

Debout les matins pour rentrer les poubelles

Je fais le même chemin de la loge à la benne

Les dalles de l’entrée connaissent très bien

Ma serpillière, mon ballet pour leur shampoing quotidien

Je suis la concierge de l’immeuble en briques beige

A l’escalier en bois qui sent la pisse de chat  

Des fois je me demande ce que je serai devenu

Si j’avais été comme celle qui habite au dessus

Mince jolie et bronzée avec des mains au doigts longs

Des jambes galbées pour porter des talons

J’aurais peut-être été hôtesse ou secrétaire

Pendant les vacances d’été, je serai parti à la mer

Même si un peu je la vois dans le bleu de la casquette

Du facteur qui remplit à midi les boites aux lettres

Le facteur je l’aime bien, il me dit bonjour

Avant de me donner le parisien, je le reçois tous les jours

Moi qui n’est pas de compagnons, je ne dirais pas non

Mais je reste là entouré de mes chats

Car même si souvent ma langue n’est pas dans ma poche

Devant son vélo, ses sacoches, là, c’est différent

Mon tablier c’est un peu  une robe de mariée

Et perdu dans ses yeux je ne suis plus tout à fait

La concierge de l’immeuble en briques beige

A l’escalier en bois qui sent la pisse de chat

Publié dans coeur de... salade!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Véro 28/04/2008 18:20

Je suis en train de le lire. J'adore...c'est plein d'humour et c'est très bien écrit. A ce propos, le film devrait bientôt sortir. Seront-ils à la hauteur ?PS : je n'ai pas compris le but de ton appel...

lolo 20/07/2007 10:54

J'en connais une sympa aussi. C'est une petite grenouille qui veille sur sa petite mare...! ;-)

Katy 09/07/2007 11:43

“Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bougeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’idée que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.“Ton billert fais écho à “L'élégance du hérisson” de Muriel Barbery... je suis en train de le lire en ce moment, même pas fini que je suis déjà fan des concierges...